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Le matin | Maroc | 01/10/2007
Pour conforter cette action, les représentants des quatre pays ont créé une fédération maghrébine qui sera dénommée SOS Hépatites Maghreb. Si la réalité et le vécu des patients de cette région varient selon les pays, ils ont tous en commun des difficultés au niveau de la prise en charge de cette pathologie, de l'accès au traitement, de la prévention et de l'information. Au Maroc, les caisses de remboursement n'arrivent pas encore à soulager le malade de la lourdeur du traitement.
Les patients affiliés à la CNSS se trouvent dans l'obligation de s'acquitter de 30% des frais de traitement. Les promesses de cette caisse pour soulager, un tant soit peu, le patient de ce fardeau tardent à se concrétiser. Néanmoins, le Pr Driss Jamil, président de l'association SOS Hépatites, reste optimiste : «Nous sommes confiants que ce blocage sera levé dans des délais très brefs afin de soulager nos patients». Et d'ajouter : «Notre association est prête à étudier avec les caisses de remboursement et les professionnels de la santé une stratégie nationale concernant les hépatites virales». En Algérie, la problématique de la prise en charge se situe à un autre niveau.
Car si l'action de l'association SOS Hépatites a réussi à générer les ressources financières pour le dépistage et la prise en charge des hépatites, elle reste confrontée au problème de la parité des soins. Les patients n'ont d'autre choix que de se faire soigner dans les hôpitaux publics, étant donné que les médecins spécialistes privés n'ont pas le droit de prescrire les traitements.
Quant à la Tunisie, elle accuse un léger retard par rapport à ses voisins. L'Association tunisienne des amis du foie a organisé, cette année, sa première campagne de sensibilisation contre la maladie. Au vu des ravages occasionnés par les hépatites, cette mobilisation paraît amplement justifiée.
L'hépatite B est la maladie sexuellement transmissible la plus répandue sur la planète et la plus meurtrière. Deux milliards d'individus, soit une personne sur trois dans le monde, ont déjà été en contact avec le virus. Actuellement, 350 millions de personnes sont atteintes d'hépatite B chronique. Encore plus inquiétant est le virus de l'hépatite C qui évolue à bas bruit avant de se déclarer à un stade avancé. C'est-à-dire quand le patient souffre de cirrhose ou de cancer du foie. Selon les estimations de l'OMS, 3% de la population mondiale serait infectée par ce virus.
70% des personnes contaminées développeront une hépatite chronique, et seront susceptibles d'infecter leurs proches. Des chiffres qui donnent à penser sur la manière de lutter contre ce fléau et qui incitent les spécialistes à mettre en première ligne la nécessité d'entreprendre des actions de sensibilisation et de prévention. Le virus de l'hépatite C se transmet principalement par voie sanguine. Jusqu'aux années 90, il s'est propagé par les dons de sang, mais ce problème semble aujourd'hui réglé.
En revanche, certains gestes fatals peuvent facilement être évités avec un minimum d'attention et de vigilance. Le virus peut être écarté en bannissant l'utilisation de seringues à usage multiple, la mauvaise stérilisation de matériel d'endoscopie ou de chirurgie (soins dentaires, circoncision), la pratique du tatouage ou du piercing avec du matériel non jetable, etc.
Des rapports sexuels protégés peuvent également prévenir contre cette maladie. Il faut également savoir que le virus de l'hépatite B a un mode de transmission comparable au VIH, responsable du SIDA, mais il est 50 à 100 fois plus infectieux, c'est-à-dire qu'en cas de contact il a 50 à 100 fois plus de chance de s'introduire dans l'organisme et d'y provoquer la maladie. Alors prudence !
L'Europe n'est pas mieux lotie
En Europe, une récente étude réalisée par l'association
ELPA (European Liver Patients Association) a démontré que la situation
est loin d'être brillante. Seuls 4 pays sur 15 (la France, les Pays-Bas,
la Suisse et le Royaume-Uni) ont une stratégie nationale de prévention
et de traitement de l'hépatite.
Les Etats ne soutiennent pas les associations de patients dans leurs initiatives
ciblées. Le niveau de stigmatisation et de discrimination pour les malades
atteints d'hépatite virale est alarmant.
Kenza Alaoui
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