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Le matin | Maroc | 25/09/2007
Par contre, ce qui est certain c'est qu'il n'y a pas de prise en charge et cet handicap n'est absolument pas pris en compte, contrairement à l'handicap physique ou mental. L'Etat n'a prévu aucun projet d'intégration ou programme d'accompagnement pour cette tranche de la population.
Les quelques centres qui existent pour sourds-muets, à Casablanca, Rabat, Beni Mellal, Safi et Tanger ont tous été créés par des associations», souligne Dr Safelislam Slimani, membre du comité de direction de la Fondation Lalla Asmaa pour les sourds-muets du Maroc, créée en 1973 à Rabat.
Outre la création des centres, l'Etat semble également avoir complètement délaissé la formation des éducateurs spécialisés. Force est de constater que le Maroc ne dispose pas d'experts de surdité et/ou d'assez de matériel sur le langage des signes et l'éducation des sourds pour satisfaire les demandes montantes de cet intérêt à la santé mentale des sourds. Du coup, les associations qui œuvrent dans ce domaine sont obligées de prendre en charge elles-mêmes ces formations.
«Les formations coûtent cher, mais nous sommes obligés d'initier les éducateurs. Il existe deux méthodes d'apprentissage. C'est ce que nous appelons l'approche bilingue. La première est «l'oralisme ». En fait, il s'agit de travailler les restes auditifs chez les enfants afin de faciliter leur intégration au niveau des écoles classiques. La seconde approche est celle du langage des signes. Et là les pouvoirs publics ne font rien», poursuit Dr Slimani.
D'après l'OMS, les enfants atteints de troubles auditifs sont «ceux dont l'audition est insuffisante pour leur permettre d'apprendre leur propre langue, de participer aux activités sociales normales et de bénéficier des activités éducatives courantes sans une aide spéciale». Leur prise en charge est donc obligatoire.
Ajouter à cela que le dépistage précoce des déficiences auditives chez les personnes atteintes est très important puisqu'il permettra de mieux favoriser leur insertion dans la société. Faire un état des lieux de cet handicap et engager une réflexion pour améliorer la prise en charge des sourds et favoriser leur intégration dans la société devraient donc être prioritaires.
Or malheureusement, peu de choses se font encore au Maroc. Au grand dam des associations qui essayent tant bien que mal de sensibiliser la société. « Notre souhait serait de voir un jour le langage des signes intégré au niveau des écoles ou des mass médias, ou encore de voir les sourds bien intégrés au niveau socioprofessionnel… Mais nous savons que ce ne sera pas demain la veille. Pourtant, mis à part la parole, les sourds sont des personnes intelligentes. Ils apprennent à utiliser leur corps pour percevoir les sons et les émotions et ils arrivent à interpréter tous les traits du visage.
Il faut donc juste leur donner leur chance», conclut Dr Slimani. A bon entendeur !
Importance du dépistage précoce
L'audition et le langage, deux fonctions essentielles à la communication communautaire, ne peuvent être séparées chez le nouveau-né en pleine croissance.
Leur perte provoquera un appauvrissement des structures neurosensorielles, une suppression de l'apport affectif maternel et une incapacité à percevoir ses propres émissions vocales. L'enfant sourd, en l'absence d'une prise en charge, ne pourra pas parler.
Aussi, tous les efforts doivent être déployés : prévention, réhabilitation, égalité des chances d'insertion socioprofessionnelle… Si la déficience auditive est dépistée précocement, dès 3 ou 6 mois, le nourrisson pourra profiter d'une prothèse auditive (amplifiant au mieux les restes auditifs qui existent dans la majorité des cas) qui, associée à une rééducation couplée (orthophoniste–parents), lui permettra d'acquérir un langage presque correct.
Mieux encore, différents moyens pourront minimiser sa surdité. Le seul obstacle reste cependant le prix de la prothèse auditive qui varie entre 4.500 et 15.000 DH en mono !
Dounia Z. Mseffer
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