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Albayane | Maroc | 31/07/2007
Quelques éléments de réflexion
Que de fois avons-nous entendu un malade dire à son médecin traitant
: «Dites-moi docteur ce dont je souffre?»
Le médecin doit parler de ce qui est compréhensible pour le malade.
Détailler les aspects techniques de sa maladie et surtout des difficultés
techniques qui peuvent être rencontrées n'a pas beaucoup d'intérêt.
Tout au plus cela ne fera que générer une angoisse supplémentaire
pour le malade. Il faut toujours être dans le dialogue, pas le monologue
technique.
L’origine culturelle de chaque malade est très importante, le niveau
d’instruction, l’état matrimonial, le nombre d’enfants,
l’âge, le sexe. En fonction de ces éléments le médecin
aura seul toute la latitude pour dire ou ne pas dire au malade ce dont il souffre,
le diagnostic et bien entendu le déroulement de la maladie.
Nous sommes plutôt favorable à ce que les médecins annoncent la couleur aux malades, que cette annonce reste confidentielle entre le praticien et son patient, quel que soit le «verdict» à condition que ces mêmes malades soient en mesure d’appréhender psychologiquement et physiquement ce verdict. C'est à notre avis la meilleure façon de respecter ces malades et de les considérer comme des personnes responsables.
Maintenant, il appartient aux médecins d'y mettre les formes en usant de psychologie, de doigté, de dextérité et d’humanisme. Mais il y a là un problème : ont-ils été formés à cet exercice ? Il faut reconnaître que celui-ci est particulièrement délicat et nécessite certainement une formation pour tous ceux notamment qui ne sont pas des psychologues innés.
Par ailleurs, il faut prendre en compte le fait que tous les patients ne sont pas forcément armés pour entendre la vérité les concernant. Cependant, le médecin doit donner son diagnostic, en l'éclairant de toutes les explications nécessaires et en faisant preuve d'humanité.
Dans la pratique courante, aussi bien dans le secteur public que dans le secteur
privé, la tendance générale est d'annoncer les diagnostics
graves à la famille plutôt qu'au malade.
Certaines des raisons sont bonnes : si le médecin ne connaît pas
bien son patient.
Il peut éviter un mauvais choix psychologique: certains sont «cassés» définitivement par l'annonce d'un diagnostic grave et vont passer leur fin de vie en déprime permanente, refusant de s’alimenter, de parler et parfois procéder à une totale démission, c’est dire toute l’importance du soutien psychologique dont doit bénéficier tout malade tout au long de son séjour hospitalier, c’est dire aussi toute l’importance que doivent jouer les différents membres de l’équipe soignante (médecins, infirmières, assistante sociale, psychologue..)
La prise en charge psychologique d'une annonce grave est indispensable. Les
familles sont rarement en état de s'en occuper seules. Mais elles ne
doivent pas démissionner comme c’est souvent le cas à l’annonce
d’une maladie grave.
Certaines familles n’hésitent pas à laisser des malades
à l’hôpital sous prétexte qu’elles n’ont
pas les moyens de s’en occuper, ce qui fini par porter un coup fatal au
malade.
Le débat est donc ouvert sur cette question qui est d’une extrême sensibilité, pour mieux éclairer la lanterne de nos lecteurs sur la relation médecin-patient et le droit de ce dernier à l’information, surtout quand il s’agit de maladie grave.
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