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Albayane | Maroc | 30/07/2007
Al Bayane : En tant que professionnel de la santé, pouvez-vous nous dresser l’état des lieux de ce secteur ?
Abdelaziz Ouardirhi : Le système de santé est caractérisé par les énormes progrès réalisés durant les dernières années. En attestent l’espérance de vie qui est de 73 ans aujourd’hui ainsi que les principaux indicateurs de santé qui se sont améliorés de manière significative.
Cependant, ces progrès cachent de grandes disparités :
Les principaux goulots d’étranglement ont été identifiés et l’effort du gouvernement est concentré sur l’amélioration de la couverture sanitaire, le développement des ressources humaines, une meilleure répartition des infrastructures publiques et privées, l’augmentation de la part du budget national alloué à la santé et une meilleure répartition des ressources financières, la mise en place de l’AMO et du RAMED.
De plus, le processus gestionnaire évolue vers une décentralisation plus accentuée des programmes de santé, et la verticalisation extrême des activités sanitaires évolue vers un processus marqué par la mise en place d’un processus dynamique de planification-programmation pour une meilleure stratégie visant la réduction des disparités, et une utilisation optimale des ressources nationales. La mobilisation efficace de l’appui intersectoriel et l’instauration d’un mécanisme de coordination Gouvernement/Bailleurs sont les éléments complémentaires essentiels pour le succès de règles nationales en vue de satisfaire les besoins en soins de santé essentiels et permettre l’égalité d’accès aux soins.
L’opération de départ volontaire a-t-elle affecté le secteur de la santé ?
L’opération des départs volontaires est à notre avis une grossière erreur, en tout cas pour le secteur de la santé, en ce sens qu’elle a contribué à pénaliser encore plus un secteur qui souffrait d’un manque de personnel, en particulier les infirmiers. Il faut savoir que plus de 39.000 fonctionnaires ont répondu à l’appel du départ volontaire. Parmi eux se trouvaient 236 médecins spécialistes, 135 médecins généralistes et 1.183 infirmiers. Ces chiffres sont énormes et ils dénotent - si besoin est- qu’une erreur d’appréciation a été commise et que contrairement à ce qui a été avancé par certains défenseurs du départ volontaire à la retraite, nous payons aujourd’hui ces erreurs. Par ailleurs, il est connu que la santé en 2006 souffrait d’un besoin dans le milieu rural de 260 médecins spécialistes et de 9.000 infirmières pour l’ensemble du territoire, un besoin qui s’accentue chaque jour un peu plus.
Il en résulte que près de 246 formations de santé (services
hospitaliers, dispensaires et centres de santé ou structures hospitalière)
sont fermées pour manque de personnels dont les médecins spécialistes.
Parmi les spécialités manquantes on peut citer les anesthésistes,
les chirurgiens, les néphrologues, les ophtalmologues, les psychiatres,
les gynécologues.
Quelle place accorde le PPS dans son programme électoral à ce secteur ?
La santé de nos concitoyens a toujours été au centre des préoccupations du PPS et demeure une priorité constante pour nous. De ce fait nous ne pouvons nous permettre d’attendre une échéance électorale pour nous en soucier. Nous avons sans cesse appelé et interpellé les différents gouvernements pour que l’accès aux soins et aux médicaments soit un droit de tous les Marocains. Bien plus, nous militons pour que chaque Marocaine et chaque Marocain puissent bénéficier de soins de qualité, dispensés par des professionnels qualifiés, dans des structures adaptées. S’agissant de l’assurance maladie obligatoire, nous enregistrons avec satisfaction ce grand chantier auquel nous avons participé, mais nous demandons que l’accès aux soins soit généralisé pour tous les Marocains, ce qui n’est malheureusement pas le cas aujourd’hui, surtout au niveau de certaines régions.
Par ailleurs, le RAMED tarde à voir le jour, ce qui n’est pas sans effets sur la qualité des soins qui sont donnés aux économiquement faibles. En outre il est utile de rappeler ici que tous ces objectifs ne peuvent se réaliser sans une refonte profonde du système de formation des personnels médical, para- médical et administratif du secteur de la Santé. Et c’est ce que le PPS demande avec insistance. Et insiste aussi sur le volet relatif aux ressources humaines (médecins, infirmiers...) qui restent en deçà des besoins réels de notre pays. Il s’agit de passer, à l’horizon 2012, de 57 médecins pour 100.000 habitants à 90 médecins pour 100.000 habitants, et accompagner cette action par la formation des infirmiers, pour disposer de 3 infirmiers pour 1 médecin.
Pouvez-vous nous expliquer la «carte sanitaire» sur laquelle le PPS insiste beaucoup ?
Parler de la carte sanitaire nous incite à soulever l’iniquité de l’état de santé entre le milieu urbain et le milieu rural, de la mortalité maternelle qui atteint 227 pour 100.000 naissances vivantes en milieu rural contre 187 pour 100.000 en milieu urbain, de l’inexistence de structures sanitaires au niveau de certaines régions , de l’accouchement surveillé qui atteint 75% en milieu urbain contre 27 % en milieu rural, que 31% de la population rurale se trouve à plus de 10 KMS de la structure sanitaire la plus proche la régulation positive des inégalités constatées au niveau de la couverture sanitaire est au centre des préoccupations du PPS. Car nous estimons qu’une meilleure qualité des soins dans les hôpitaux publics n’est pas suffisante pour pallier significativement les disparités qui existent dans l’offre des soins qui est concentrée principalement dans les zones urbaines situées pour l’essentiel dans l’axe Kenitra-Casablanca.
La Carte sanitaire en cours de structuration permettra certainement une meilleure répartition des prestataires aussi bien publiques que privés des soins de santé, conjointement à l’amélioration des services hospitaliers publics qui connaissent il est vrai une nouvelle dynamique grâce a une implication constante des professionnels de santé.
La mise en place effective de la carte sanitaire permettra non seulement de corriger progressivement les disparités spatiales et l’inégalité des chances face à la maladie, mais aussi et surtout de tendre vers une réallocation plus équitable des ressources mobilisées par l’AMO et Inaya et plus tard le RAMED au niveau de l’ensemble du territoire national et ce afin que les citoyens, notamment les plus démunis ne subissent pas à la fois les charges générées par les soins et celles occasionnées par les coûts du transport des malades.
Cette dimension de la réforme future du système national de
santé est d’autant plus importante que les disparités spatiales
constituent incontestablement des facteurs d’aggravation des inégalités
sociales.
À ce niveau, il convient de distinguer les espaces sous-équipés
et les territoires sur-dotés. À cet effet, l’objectif ne
devrait pas être celui d’aligner les régions défavorisées
sur le niveau des régions suréquipées.
Car, le niveau d’infrastructure et d’équipement d’un hôpital ou d’un centre de soins n’a jamais garanti à lui seul la prise en charge correcte des besoins des malades. Par contre, il sera nécessaire à l’avenir de prendre en ligne de compte les charges très lourdes liées au fonctionnement des établissements hospitaliers.
En outre, si la généralisation des structures hospitalières de proximité, judicieusement localisées est socialement indispensable, il est de la plus haute importance de tendre, du point de vue de la rationalité économique de la carte sanitaire, vers la constitution de pôles hospitaliers régionaux voir interrégionaux intégrés de haute compétence, permettant à la fois la concentration de matériel médical lourd (économies d’échelle et rendement croissant) et la fourniture diversifiée des soins de qualité à la fois aux urbains et aux ruraux et aux pauvres comme aux riches.
Toutefois, l’amélioration de l’équité dans l’offre des soins exige également la correction des insuffisances actuelles dans le domaine de la hiérarchisation des soins et de la complémentarité entre les différents niveaux de la pyramide sanitaire. Aussi, une réflexion approfondie devrait-elle être menée à partir du point d’entrée du malade dans le système, au niveau de son itinéraire thérapeutique, avec la mise en place d’une codification plus élaborée de l’accès aux soins de haute technicité.
Les mesures que prône le PPS dans son programme électoral sont-elles applicables dans la réalité ? Les moyens le permettent-il ?
Le PPS n’a jamais failli à ses convictions ou à ses engagements. Ce qui est en revanche important à savoir, c’est que notre parti ne promet jamais aux citoyens ce qu’il ne peut réaliser. C’est notre ligne de conduite. Nous sommes redevables devant chaque Marocaine et chaque Marocain de la confiance qu’ils ont placée en nous, c’est pourquoi je peux vous affirmer que nous réaliserons IN CHALLAH toutes les mesures que nous prônons. Nous saurons comme toujours nous montrer dignes de la confiance qui est placée en nous que ce soit dans le domaine de l’emploi, de l’éducation, du logement, de la santé, de l’intégration de la femme dans le développement, de la relance de notre économie, des droits de l’homme, de la lutte contre l’analphabétisme, de la sécurité...
Les moyens existent et nous saurons les utiliser à bon escient.
Propos recueillis par A.E.A
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