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Le matin | Maroc | 16/05/2014
À la fin de la rencontre, des hommes et des femmes souffrant de l’infertilité ont pu apporter leur témoignage très émouvant entrecoupé de sanglots et d’applaudissements. En l’absence de bonne couverture médicale, il est difficile pour ces couples d’assumer les frais liés à leur stérilité. De nombreux témoignages ont souligné le recours à des crédits et surtout à «Darat» (épargne collective régulière opérée par un groupe de personnes dont bénéficient ses membres à tour de rôle selon un tirage au sort).
Il est à signaler que 15% des couples au Maroc pâtissent de difficultés pour mettre au monde des enfants… et dans 40% des cas la cause est masculine. «C'est-à-dire que deux couples sur sept n’arrivent pas à procréer de manière normale. Les aspirants à la maternité et à la paternité font ainsi face à de nombreuses contraintes d’ordre financier, à la non-reconnaissance de la prise en charge des frais médicaux liés à l’infertilité, au rejet de leurs dossiers médicaux auprès des mutuelles d’assurance médicale et dont les coûts varient entre 20 à 40.000 dirhams au cours d’un seul cycle de procréation», déclare Aziza Ghallem, présidente de la MAPA.
S’ajoutent à cela les contraintes d’ordre social qui menacent la stabilité familiale des couples infertiles, dont la première reste bien évidemment le divorce.
La personne stérile dans le couple doit donc, en plus d’être infertile, supporter la douleur que représente la séparation. Ce qui donne lieu à divers problèmes d’ordre psychique. «Selon une étude britannique, 97% des couples infertiles ressentent l’envie de pleurer, 94% deviennent dépressifs, 84% se disent irrités par la situation, 72% se sentent imparfaits, 62% éprouvent de la honte tandis que 20% exprimerait le désir de mettre fin à leurs jours», précise le Dr Khadija Mchichi Alami, psychiatre au CHU, Ibn Rochd de Casablanca.
Le docteur Mounir Fialali a, pour sa part, tenu à préciser que la probabilité d’avoir un enfant par cycle diminue avec l’âge. «Elle est de 25% à 25 ans, 12% à 35 ans et chute à 6% à 40 ans». À noter que la fertilité est presque nulle après 45 ans.
Concernant les solutions existantes pour aider les couples à procréer, le professeur Bouhya Said, chef de service et de gynécologie obstétrique au CHU Ibn Rochd, explique qu’il est possible, dans le cas où la femme est stérile, d’avoir recours à l’induction de l’ovulation, l’insémination intra-utérine ou encore la fécondation in vitro (FIV) dont il est important de signaler que le taux de réussite ne franchit pas les 30%. Et quand aucune de ses solutions ne fonctionne, il reste une dernière solution pour le couple : l’adoption.
MAPA : première association pour l’infertilité au Maroc
L’Association marocaine des aspirants à la maternité et à la paternité (MAPA), créée le 21 décembre 2013 à partir d’une simple page Facebook, œuvre pour les personnes souffrantes d’infertilité ou de difficultés de procréation. Cette association, la première du genre au Maroc, a pour principal objectif de rompre le silence autour de ce grand tabou qu’est l’infertilité, dans une culture où il n’y a que peu de places pour celle-ci. Ainsi l’Association accompagne les couples infertiles dans leur quête de procréation à travers l’information, l’orientation et le soutien moral.
À noter que l’association milite également pour éclairer les pouvoirs publics sur l’importance de ce phénomène et œuvre à la sensibilisation du public et des familles à la question afin de mieux comprendre ce que traversent ces couples.
Priscilla Maingre
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