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Le matin | Maroc | 08/04/2014
Dans son communiqué, la Fédération demande également la sortie de nouvelles circulaires du ministère de la Santé et ministre de l’Intérieur pour l’arrêt des nouvelles installations des cabinets de «dentistes illégaux» et la mise en œuvre de la loi en vigueur ainsi que la création d'une commission interministérielle et intersectorielle pour trouver des solutions réalistes globales et définitives à ce fléau et mieux protéger le citoyen marocain conformément aux dispositions de la Constitution. En outre, les chirurgiens-dentistes insistent sur le ministère de la Santé pour prendre rapidement des mesures contre les entreprises spécialisées en matériel médical qui vendent ces équipements professionnels à n’importe qui, ce qui facilite l’exercice illégal de la médecine dentaire. Enfin, le bureau exécutif de la fédération affirme encore une fois qu’il ne lâchera pas le morceau et qu’il continuera de lutter contre ce phénomène en utilisant tous les moyens légaux possibles.
Il faut souligner que l'exercice illégal de la médecine dentaire pose un grave problème de santé publique qui existe depuis très longtemps au Maroc et qui est difficile à éradiquer. «Sanii asnane», «hajjam», arracheur de dents dans les souks hebdomadaires…, ces praticiens illégaux exercent des actes dentaires sans avoir reçu aucune formation médicale ou professionnelle, exposant leurs patients à de graves complications. Pour de nombreuses personnes, ce sont les tarifs appliqués par les chirurgiens-dentistes jugés trop chers, qui les «obligent» à se diriger vers des praticiens illégaux.
En effet, le niveau socio-économique bas d’une grande partie des Marocains constitue un obstacle majeur à l'accès aux soins bucco-dentaires, d’où le recours aux praticiens illégaux, s’ajoute à cela le manque de couverture médicale et sociale, une mauvaise ou non-orientation du patient vers un médecin-dentiste spécialisé dans certains cas, ainsi que les croyances et l’ignorance de quelques personnes qui relayent la médecine à la seconde place après les traitements traditionnels ou le charlatanisme. «Les soins dentaires ne sont pas à la portée de tout le monde. Rien que pour extraire une dent, il faut compter au minimum 300 DH. Alors que chez un «Sanii asnane» cela revient beaucoup moins cher, entre 20 et 40 DH. Comme je n’ai pas les moyens pour payer des soins dans un cabinet dentaire, je choisis le moins cher», confie Mohamed, père de famille, la quarantaine dépassée. Malheureusement, cette option qui s’offre aux démunis n’est pas sans conséquence sur leur santé. «Il faut savoir que certains artisans-dentistes dépassent leur cadre d’exercice et font eux-mêmes des extractions, des soins endodontiques et délivrent même des ordonnances.
Certains d’entre eux réalisent même des prothèses pour les patients sans passer par le chirurgien-dentiste. D’autres encore se sont même lancés dans l’exercice illégal de l’orthodontie ! Il faudrait sensibiliser le praticien illégal aux dangers qu’il encourt lui-même ainsi que son entourage, notamment le risque de contamination ainsi que l’exposition des patients à des complications pouvant être fatales pour leurs dents», souligne Dr Rajâa Salma, chirurgien-dentiste à Casablanca. Les conditions dramatiques de ces consultations illégales peuvent avoir des conséquences graves sur la santé des patients qui risquent de contracter des maladies infectieuses telles que le sida et l’hépatite «B» et «C» ou même perdre la vie.
L’absence d’une loi spécifique à la médecine dentaire, qui est toujours régie par le Dahir de 1960, demeure l’un des plus grands obstacles rencontrés par les chirurgiens-dentistes dans leur lutte contre ce phénomène. D’après eux, ce texte devenu trop vieux et rend difficile l’éradication de ce fléau.
Des chiffres alarmants
Face à la prolifération exponentielle de l’exercice illégal de la médecine dentaire, la Fédération nationale des syndicats des médecins-dentistes du secteur libéral au Maroc a réalisé récemment une étude pour cerner l’ampleur de ce phénomène dangereux au Maroc. D’après cette étude, les cabinets des «faux dentistes» seraient au nombre de 10 000, aujourd’hui. Par ailleurs, l’étude de la Fédération révèle que 83% des consultations illégales se font en milieu urbain et 90% des charlatans ont conscience de la gravité de leurs actions. En effet, de nombreuses complications ont lieu suite à ces interventions illégales. D’après l’étude, 26% des patients ont les dents cassées, 7% ont l’alvéole qui est cassée, 15% souffrent d’infections au niveau de la dent arrachée et 7% ont des infections externes. Certains patients 10% souffrent même de saignements.
Hajjar El Haiti
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