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Albayane | Maroc | 16/03/2014
Lors de cet évènement, plusieurs questions ont été débattues notamment le processus d’éligibilité, l’accès aux services de santé, le financement et la gouvernance du Régime d'assistance médicale.
En procédant à la mise en œuvre effective du régime d'assistance médicale (RAMED), le Maroc franchit une étape très importante dans le domaine de la santé. En effet, on peut légitimement dire que désormais il y a un avant février 2012, et un après février 2012
On peut légitimement nous enorgueillir, nous féliciter, car le projet du RAMED, sa concrétisation, sa mise en œuvre effective, sont des réalisations dont très peu de pays peuvent se targuer.
Ce projet social destiné à permettre aux citoyens démunis d’être correctement soignés dans des structures adaptées a été voulu SM le Roi qui accorde un très grand intérêt à la santé de tous les Marocains et plus particulièrement celles et ceux qui vivent dans des conditions parfois difficiles.
Le RAMED a demandé des années d'un dur et minutieux labeur dont les résultats sont dus en grande partie à l'implication constante d'équipes du ministère de la Santé. Pour permettre sa pérennité, il faut l’accompagner étape par étape, palier par palier, d’ailleurs le ministre de la santé on s’en souvient avait dit textuellement concernant le RAMED que sa mise en place sera progressive et ce lors d'un point de presse organisé par le ministère de la Santé à la faculté de médecine et de pharmacie, le mercredi 13 mars 2012.
Le RAMED connaît certes des hauts et des bas. Il y a lieu d’en être très satisfait et ce malgré des dysfonctionnements auxquels le ministère de la santé apporte des correctifs. Il s’agit, avant toute chose, d’assurer la pérennité de ce projet social. Ce ne sera pas facile, mais deux ans après sa mise en œuvre effective, le bilan est encourageant.
En président la deuxième rencontre du bilan RAMED, le ministre de la Santé a prononcé une allocution dont nous vous présentons les passages les plus saillants.
Le projet d’une nation
«Tout d’abord permettez moi de vous exprimer ma très grand joie et ma satisfaction de pouvoir être présent aujourd'hui parmi vous, une occasion idoine qui va nous permettre ensemble de faire une évaluation et un inventaire des résultats de du Régime d’assistance médicale (RAMED) qui a été institué au niveau de toutes les régions du Royaume depuis maintenant deux années et dont le lancement avait été donné par sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu l’assiste le 13 Mars 2012 au Palais Royal de Casablanca..
Comme vous le savez, ce grand projet sociétal est entouré de la haute sollicitude royale, il fait l’objet d’un très grand intérêt de la part de sa Majesté le roi, et ce en raison comme tout un chacun le sait de ses répercussions sociales sur un large éventail de citoyens qui vivent dans des conditions difficiles qui entravent leur accès aux soins de santé.
Par ailleurs, le Régime d’assistance médicale (RAMED), est au centre des préoccupations et intérêts du gouvernement et nous pouvons en toute objectivité à travers ce régime surveiller et évaluer les développements nationaux dans le domaine du développement social et de la politique et des programmes sociaux pour l'avenir.
Je saisis cette occasion pour saluer les efforts déployés par les différentes parties qui interviennent dans la gestion de ce grand chantier social, des efforts constants et inlassables et qui font preuve d’un engagement constant et d’un sens aigu de responsabilité.
Sollicitude royale sans cesse renouvelée
Mesdames, messieurs,
Au ministère de la santé, nous sommes très honorés et fiers des hautes directives Royales contenues dans la lettre Royale adressée aux participants aux travaux de la 2e Conférence sur la Santé, qui s’était ouverte 01/07/2013 à Marrakech et dans laquelle Sa Majesté le Roi Mohammed VI que Dieu l’assiste avait notamment déclaré : «…La réunion de votre conférence aujourd’hui, qui consacre la pertinence de l’approche participative pour toutes les questions vitales de la nation, ne devrait pas être seulement l’occasion de faire le point des réalisations accomplies. Elle devrait être essentiellement un moment propice pour s’imprégner du sens des responsabilités et des valeurs de patriotisme. Car il s’agit de mettre au point une charte nationale réaliste et applicable, qui place le citoyen au cœur du système de santé…».
Nous enregistrons avec fierté les orientations de sa majesté le roi contenues dans la même lettre royale concernant toute l’attention et l’importance qui doivent être accordées à l’accès aux soins, à la couverture médicale des économiquement faibles.
Dans ce sens Sa Majesté le roi a déclaré : «…cette occasion, Nous tenons tout particulièrement à réaffirmer notre ferme volonté personnelle d’assurer la mise en œuvre optimale du RAMED, en lui permettant de surmonter tous les obstacles, et en veillant à le développer et à en simplifier les procédures, de sorte à garantir un large accès des catégories défavorisées parmi nos citoyens à ce régime…».
Des résultats positifs
Au cours de son discours le ministre de la Santé, Houcine Louardi a souligné que la généralisation du Régime d’assistance médicale (RAMED) constitue le prélude d’un nouveau contrat social qui consacre l’Etat de droit et les droits de l’Homme. Les résultats positifs ne seront effectifs que lorsqu’ils seront ressentis par les citoyens.
En dépit des résultats positifs réalisés dans ce sens, le ministre relève que l’accès aux soins des bénéficiaires du RAMED reste limité en raison de l’insuffisance des ressources financières et humaines, par rapport aux besoins du ministère pour la mise en œuvre de ses stratégies sectorielles et ses programmes nationaux dans la perspective d’atteindre les objectifs prioritaires, en particulier ceux ayant trait au défi de généralisation du régime d’assistance médicale.
Malades pris en charge grâce au RAMED
Revenant sur le bilan des deux années de la généralisation du RAMED, Louardi a indiqué que 2.355.401 cartes ont été délivrées permettant ainsi à 6.444.994 personnes de bénéficier des prestations sanitaires, soit 77% de la population ciblée.
Interventions majeurs dans les centres hospitaliers universitaires
Dans le même ordre que les prises en charges effectuées au sein des hôpitaux (SEGMA), il y a lieu de rappeler que nous avons pu réaliser des interventions majeures, onéreuses grâce au RAMED et qui ont profité à des malades démunis, parmi ces interventions : 32 transplantations de la cornée, 6 greffes de reins, 15 greffes de moelle osseuse, 149 interventions chirurgicales majeures, dont 44 cathétérismes cardiaques et 105 interventions cardiaques.
Des chiffres encourageants
Au regard des chiffres très encourageants concernant les prestations dont ont pu bénéficié nos concitoyens gratuitement grâce au RAMED, des prestations réalisées au niveau des différentes structures du ministère de la Santé, grâce à la mobilisation constante des professionnels de santé , on ne peut que nous réjouir et être fiers de constater qu’aujourd’hui se sont 6,54 millions personnes qui ont bénéficié jusqu'à fin février dernier du Régime d'assistance médicales aux économiquement démunis (RAMED), soit 77% de la population potentiellement éligible estimée à 8,5 millions de personnes, selon les statistiques du ministère de la Santé. Le nombre des demandes de cartes déposées jusqu'à fin février 2014 a atteint 2.693.847 dont 58 % émanant du milieu urbain et 42% du milieu rural.
Le professeur Louardi a indiqué que son département a placé la lutte contre les maladies chroniques et coûteuses parmi les priorités de la politique sanitaire nationale et qu’à cet effet il a mis en place une stratégie qui repose essentiellement sur la prévention et une prise en charge efficace des patients dans le but de favoriser la réduction du nombre de décès et des dépenses de soins.
Tous ces soins, toutes ces prestations onéreuses, tous les médicaments dont bénéficient aujourd’hui des millions de nos concitoyens gratuitement grâce au RAMED, mais aussi l’accès à la haute technologie, toutes ces prestations ont des couts, ceux-ci sont de plus en plus exorbitants, de plus en plus chers.
Ce que cherche aujourd’hui à faire le ministre de la Santé, ce qu’il entend réaliser, c’est concrétiser l’accès pour tous aux soins de qualité, c’est d’améliorer de manière constante l’image de nos hôpitaux, de les doter en moyens humains et matériel suffisant, c’est les rendre plus accueillant, plus propres, plus humains, des espaces de vie ou le malade puisse se sentir bien.
Mais tout ça à un cout, le ministère de la santé ne peut pas tout faire, tout entreprendre, c’est vrai qu’il est le garant de la santé de tous les Marocains, un dilemme suis tenté de dire car garantir le meilleur état de santé à une population de plus de 34 millions d’individus avec le budget que l’on connaît, c’est du miracle.
S’agissant du financement du RAMED, celui-ci, croit-on savoir du coté du ministère de l’Economie et des finances pour l’exercice 2013, est estimé à 3,55 MMDH et que pour l’exercice 2014 les fonds sont évalués à 4,1 MMDH, mais c’est là un autre sujet car quand on sait combien coûte une greffe de moelle ou une greffe de rein par exemple, on peut concrètement douter que ces moyens soient suffisants pour soigner 8,5 millions d’habitants et puis, pour dire plus vrai, personne ne sait quel est le budget exact du Ramed.
Assurer la pérennité du système
L’argent est le nerf de la guerre, c’est une réalité que tout le monde connaît. Sans argent, sans entrées, sans compensations, sans contributions, aucune structure ne pourra tenir le coup et faire face éternellement aux dépenses.
S’agissant des soins, des médicaments, des examens de laboratoires, de radiologie, des scanners, des IRM, des échographies, mais aussi des interventions chirurgicales, de la réanimation, de la dialyse, des accouchements…, les hôpitaux connaissent des manques à gagner du fait des soins dispensés aux nombreux malades qui bénéficient de la gratuité totale et se retrouvent dans des situations difficiles.
Il ne faut pas vivre dans l’utopie et dire que l’année est belle. Les soins ont des coûts. Certes les hôpitaux ont pour missions de prendre en charge les malades, de les soigner indépendamment des moyens des uns et des autres, mais il faut parallèlement donner aux hôpitaux tous les moyens nécessaires pour leur permettre de réaliser leurs missions dans d’excellentes conditions si nous voulons assurer la pérennité des activités et des soins au sein des structures hospitalières.
Sans détour, ni langue de bois, il nous faut dire clairement que les hôpitaux sont des prestataires de services. En contrepartie des soins qu’ils prodiguent aux malades, ils doivent en toute bonne logique être payés. Ceux qui ont une assurance de type AMO doivent la présenter, ceux qui ont les moyens de payer doivent le faire à la caisse et ceux qui sont détenteurs de RAMED doivent aussi le présenter. Il faut systématiquement que l’hôpital soit compensé, que les factures soient honorées pour les soins dispensés dans le cadre du RAMED.
En d’autre terme il faut aujourd’hui assurer la pérennité du RAMED.
Écrit par Ouardirhi Abdelaziz
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