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Aujourd'hui Le Maroc | Maroc | 14/03/2014
Au sortir de la cérémonie de présentation du bilan du Ramed donc, et bien qu’il se soit dit tenu de participer à un Conseil de gouvernement dans le quart d’heure qui suit, Lhoussaine Louardi a pris le temps de faire une déclaration dans laquelle il a mis en relief ce qui d’après lui fait problème. Il a ainsi critiqué à nouveau le principe de séquençage des attributions, qu’il avait dénoncé au tout début de son mandat.
Pour lui, le ministère de la santé n’a ni les moyens financiers ni les ressources humaines suffisantes pour s’occuper concomitamment des médicaments et des soins, et de ceux qui en bénéficient. Il a aussi jugé que la multiplicité des intervenants nuit à la fluidité de la gestion du système et qu’il est temps de confier ce management à une agence autonome. Le ministre a aussi pointé du doigt un autre aspect de cette gouvernance en critiquant vivement les chevauchements entre le Ramed et l’AMO (Assurance maladie obligatoire). Le fait qu’il y ait des milliers, voire des centaines de milliers, de personnes qui bénéficient en même temps des prestations prévues aux deux régimes est un facteur de déstabilisation, a-t-il déclaré en substance.
Ces propos sans complaisance reproduisent en fait ce qui est consigné dans la plaquette de présentation de la nouvelle feuille de route du régime pour les quatre années à venir (2014-2018). On y dit que le montage financier du Ramed, qui a été basé sur une étude actuarielle réalisée en 2006, est dépassé. A cela trois raisons : premièrement, la consommation annuelle moyenne des bénéficiaires qui était de 343 dirhams en 2006 a presque doublé en se situant à 650 en 2013.
Deuxièmement, un changement de répartition de la population cible «qui a compromis l’apport des contributions des collectivités locales et celles des personnes en situation de vulnérabilité», lesquelles sont les deux principales sources de financement avec le budget de l’Etat. Troisièmement et dans le même ordre d’idées, seulement 50% des personnes en situation de vulnérabilité retirent leur carte et partant, contribuent au financement du régime.
Conséquence: l’augmentation des dépenses qui ont atteint 1,065 milliard de dirhams (dont 31% pour prendre en charge les maladies de longue durée ou chroniques), ont entraîné un manque à gagner pour les hôpitaux qui, à fin octobre 2013, n’a toujours pas été colmaté par le Fonds d’appui à la cohésion sociale.
A cette maladie congénitale viennent se greffer d’autres maux secondaires. Ainsi du déséquilibre du niveau et de la qualité des prestations entre les régions, de la faiblesse des effectifs des services de santé (manque de médecins et de personnels qualifiés dans certaines zones), du manque de formation des personnels, du coût des campagnes de sensibilisation…
Ainsi aussi du manque d’information croisée et de communication entre les centres d’action. Une question qui a été jugée si importante que non seulement le rapport du ministère sur les deux ans du Ramed, mais encore le ministre et la feuille de route y ont accordé une grande importance. Ce manque de communication entre centre d’accueil et établissement de prise en charge est en effet considéré comme un obstacle au droit à l’accès aux soins.
L’ensemble de ce constat fait que deux ans après, le Ramed a été jugé comme ayant besoin d’enrichissement fonctionnel, d’amélioration de la productivité, de renforcement de la fonction de contrôle des données et d’ouverture vers d’autres plate-formes. C’est aussi en fonction de ce bilan que de plus en plus de voix demandent à ce que l’ANAM (Agence nationale de l’assurance maladie) soit dotée de nouveaux moyens et objectifs.
C’est en effet le propre de la nouvelle feuille de route que de véhiculer une vision qui «repositionne les missions de l’agence de manière stratégique pour qu’elle contribue à l’atteinte de l’objectif de la couverture sanitaire universelle au Maroc».
A fin février, 6.540.155 personnes ont été éligibles, soit 77% des 8,5 millions ciblées.
Par Ahmed Salaheddine
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