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Libération | Maroc | 28/01/2014
Certes, la santé n’a pas de prix mais elle a un coût, comme on se plait à le rappeler. Toutes les données tendent à le prouver, à commencer par les prestations médicales. En effet, leurs prix posent un réel problème alors qu’ils sont censés être réglementés par l’Etat. Estimés parfois trop chers, ils peuvent être établis au détriment du professionnel, qui ne rentre pas dans ses propres frais. L’occasion d’ouvrir le débat et d’y inviter la société civile. Appel est donc fait pour une harmonisation des prix et leur affichage. Au niveau des médicaments, les choses ne vont pas plus fort. La problématique de la taxation est encore une fois pointée du doigt. Comme le rappelle le Collectif, les médicaments sont scandaleusement chers du fait qu’ils se trouvent taxés à 7 ou 20% selon le type. Des taux qui ne dépassent guère 2,5% en France ou 5% en Italie, des pays dont le niveau de vie dépasse de loin celui du Maroc. Mieux encore, les Etats-Unis n’appliquent pas la TVA sur les médicaments. C’est donc une aberration dont sont victimes notamment les personnes les plus défavorisées.
Mais qu’en est-il des ressources du système de santé ? C’est sans conteste le parent pauvre notamment le budget alloué dans la loi de Finances. Pour 2014, il se voit octroyer 5,73%. C’est encore au niveau de la répartition que le bât blesse quand on constate que 70% sont engloutis dans les dépenses du personnel et les 30% restants dans l’investissement. Quant à la prévention, elle se retrouve avec un petit 0,2%. Preuve que le système de santé marocain est orienté davantage vers le curatif que vers le préventif. Problème de gestion, de gouvernance ? Un exemple concret a été présenté : celui du CHU Avicennes. Les chiffres avancés, à ce niveau, sont très parlants et se passent de tout commentaire. Un établissement qui jouit d’une autonomie financière mais dont les ressources proviennent à 80% de l’Etat, et 20% des recettes propres au CHU (CNSS, CNOPS…). D’où une forte dépendance vis-à-vis de l’Etat qui impacte fortement la gouvernance budgétaire de l’établissement. Là encore la masse salariale se taille la part du lion avec 65%.
Un autre point qui dérange et non des moindres, se situe au niveau des missions du CHU. Le volet de la recherche scientifique est vraiment marginalisé (0,5%). Encore une fois, le constat est amer. Comment est-ce possible de progresser dans de telles conditions ? Des questions qui restent en suspens…
Nezha Mounir
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