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Revue de presse

Vaccination contre la coqueluche : le moyen de prévention le plus efficace

Albayane | Maroc | 19/09/2012

A quoi ressemblerait le monde si Jenner ou Pasteur et tous les autres savants et chercheurs n’avaient pas trouvé et mis au point les armes pour prévenir toutes les maladies infectieuses contagieuses et qui, autrefois, décimaient des populations entières. A l’évidence, les vaccins et la vaccination peuvent être considérés comme étant l’une des découvertes majeures qui a permis à l’humanité de lutter et d’éradiquer certaines maladies autrefois mortelles. La question qui taraude les esprits des individus et que se pose pratiquement tout un chacun, c’est de savoir ce qu’est un vaccin ?

A partir de quoi et comment le prépare-t-on ?

Légitime de se préoccuper, de chercher à savoir, c’est pourquoi je me fais un devoir chaque fois que j’écris un article d’apporter toutes les informations susceptibles de mieux éclairer nos lecteurs, de servir celles et ceux qui peuvent en faire bon usage.
Un vaccin est une préparation élaborée à partir de microbes auxquels on a fait perdre leur capacité à provoquer une maladie. Introduit dans l’organisme, le vaccin suscite la production d’anticorps destinés à combattre et vaincre les microbes, à chaque fois qu’ils s’infiltreront dans le corps. On parle alors d’immunisation.
Les vaccins sont, soit préparés sur base de germes vivants atténués (c’est le cas des vaccins pour la rougeole, les oreillons, la rubéole ou la polio) ; soit à partir de germes inactivés ou tués (c’est le cas pour des vaccins contre l’hépatite B, la coqueluche) ; soit figurent sous la forme d’anatoxines, c’est-à-dire de modifications chimiques ou physiques de la toxine responsable de la maladie (c’est le cas des vaccins contre la diphtérie ou le tétanos).

Qu’en est –il de la coqueluche ?

Avant de parler de la coqueluche, il est utile de revenir sur certains faits qui sont justement liés à la maladie coquelucheuse. Certains medias ont rapporté des informations faisant état de l’existence de cas de coqueluche à Casablanca et au niveau de certaines villes. Contacté par les soins de la MAP, le Docteur Redadi délégué régional du ministère de la santé au niveau le Grand Casablanca a tenu à préciser que tous les enfants , 108 au total, qui présentaient des symptômes de la coqueluche avaient immédiatement fait l’objet d’une hospitalisation au niveau de l’hôpital d’enfants du CHU Ibn Rochd à Casablanca, durant la période allant du 1er janvier au 23 juillet et que tous ces enfants se portent aujourd’hui très bien et sont en bonne santé, grâce à la célérité et à la dextérité dont ont fait preuve les services et les professionnels du ministère de la santé.

Ce que le citoyen doit savoir, c’est que des cas de coqueluche, il y en a et il y en aura toujours, ça existe partout que ce soit au Maroc, en France, en Suisse, au Japan et ailleurs
Pourquoi me direz-vous ? La réponse est simple : la coqueluche est une maladie qui n’a pas encore été éradiquée, c'est-à-dire complètement disparue.

Il est utile de rappeler que l’incidence de la maladie, c'est-à-dire le nombre de nouveaux cas de la coqueluche a largement diminué dans les pays ayant introduit la vaccination généralisée des jeunes enfants. Mais malgré cela, on compte toujours de 40 à 60 millions de cas de coqueluche dans le monde.

De ce fait, on comprend mieux l’intérêt que peut revêtir la vaccination qui est la base de la protection contre la plupart des maladies infectieuses. Le Maroc a fait le bon choix depuis les années 60 en vaccinant ses enfants car si l’on cherche à vacciner systématiquement tous les enfants contre d’abord les maladies cibles ( Tuberculose- Diphtérie –Coqueluche – Tétanos –Poliomyélite – Rougeole ) et puis contre l’hépatite B et tout récemment l’introduction par le ministère de la santé d’autres vaccins contre le rotavirus et le pneumocoque Hib (contre l’hémophilus influenzae) responsable tous les ans de milliers d’infections graves (méningites, épiglottites, c’est d’abord pour éviter que les enfants n’attrapent des maladies pouvant parfois être lourdes de conséquences (handicaps, complications…) mais c’est aussi pour réduire le réservoir et la circulation des germes et ainsi éradiquer ces maladies. Il convient en effet de protéger au mieux l’ensemble de la population et surtout les personnes les plus fragiles.

Qu’est-ce que la coqueluche ?

La coqueluche est une maladie respiratoire très contagieuse causée par la bactérie Bordetella pertussis. La coqueluche se développe par épidémie. La contamination s'opère par voie aérienne lors de contacts directs avec des personnes infectées. Il faut savoir qu’en ce qui concerne la transmission de la maladie, on peut se trouver face à deux situations bien distinctes l’une de l’autre.

1 / Dans les régions où les enfants n’ont pas été vaccinés, la transmission se fait d'enfants à enfants. C’est notamment le cas de pays sous développés, pauvres, où les conditions sanitaires sont déplorables

2 / Dans les régions où les enfants sont vaccinés depuis des décennies, la transmission se fait maintenant d'adultes à nourrissons. Cette maladie, considérée longtemps, par erreur, comme une maladie de la petite enfance, peut être sévère pour l'homme à tout âge mais est particulièrement dramatique, voire mortelle, pour les nourrissons de moins de 6 mois et les personnes à risque telles les femmes enceintes et les personnes âgées. De plus, la maladie ne confère pas une immunité à vie et il est possible de contracter la coqueluche plusieurs fois dans sa vie.

Comment se manifeste la coqueluche ?

  • Le diagnostic de la coqueluche est difficile car cette maladie peut ressembler à une bronchite par exemple.
  • De nombreux enfants trainent ainsi une coqueluche pendant plusieurs semaines avant que le diagnostic soit effectué.
  • L'incubation est d'environ 7 à 14 jours.
  • La période d'invasion dure 10 jours.
  • Une rhinopharyngite précède souvent l'apparition des premières manifestations de la coqueluche.

Les quintes de toux caractérisent la coqueluche

  • La coqueluche débute par une toux qui devient de plus en plus fréquente et survient par quintes violentes.
  • Les quintes de toux sont des accès répétitifs et violents de secousses expiratoires.
  • Elles se terminent par une reprise inspiratoire bruyante qui est souvent comparée au chant du coq.
  • Ces quintes, qui peuvent atteindre le nombre de 20 chaque jour, sont épuisantes ;
  • Entre deux quintes de toux, l'enfant inspire profondément et bruyamment.
  • Une coqueluche chez le nourrisson peut se compliquer de complications respiratoires sévères.
  • La période des quintes dure environ 2 à 4 semaines.
  • Des épisodes de toux sèche aggravée par l'effort, le froid, le tabac peuvent se prolonger après les épisodes de quintes.

Gravité avérée pour les bébés

  • La coqueluche est une maladie respiratoire qui peut être grave chez le nourrisson.
  • Chez ce dernier, la coqueluche peut provoquer une gêne respiratoire pouvant provoquer une gêne respiratoire pouvant entrainer des quintes de toux, une cyanose, un blocage respiratoire et des complications pulmonaires nécessitant une hospitalisation en urgence.
  • Des complications neurologiques peuvent également survenir.
  • Dans près de 80% des cas, le bébé est contaminé par un membre de son entourage proche comme ses parents.
  • La protection du nourrisson contre la coqueluche n'apparait qu'après avoir été vacciné par les 3 doses qui doivent être effectués à 2, 3 et 4 mois.
  • Le nouveau né peut aussi être contaminé pendant cette période par son entourage proche

La vaccination

La vaccination contre la coqueluche effectuée dans l'enfance ne protège pas pour la vie.
La protection contre la coqueluche a disparait si des rappels n'ont pas été effectués.
Le Maroc compte parmi les pays qui ont mis en place, depuis l’aube du XXème siècle, une politique vaccinale renforcée ces dernières décennies par un programme national ambitieux. Les premières campagnes de vaccination remontent au début des années soixante, le Programme élargi de vaccination (PEV) à l’année 1981. Ce dernier a été restructuré en Programme national d’immunisation (PNI) six ans plus tard. Parallèlement à la mise en route de ces différents programmes, un suivi continu de la couverture vaccinale a permis de moduler le calendrier national de vaccination en introduisant de nouveaux antigènes et des rappels.

Ainsi, au fil des années, la couverture vaccinale contre les principales maladies cibles à savoir la tuberculose, la diphtérie, le tétanos, la coqueluche et la poliomyélite a connu une amélioration appréciable. En effet, la diphtérie et le tétanos néonatal ont été éliminés, et la demande de certification de l’éradication de la poliomyélite formulée en 2001 par le Maroc a été acceptée par l’OMS.

Programme national d’immunisation (PNI)

Parler de la vaccination des enfants au Maroc, de leur immunisation contre les maladies infectieuses, du calendrier vaccinal tel qu’il se présente aujourd’hui, c’est d’abord et avant toute chose insister sur l’implication personnelle et constante de la plus haute autorité de notre pays en ce qui concerne le programme d’immunisation de notre population.
En effet nous ne pouvons que nous féliciter et nous réjouir de constater que la sollicitude royale à cet égard a toujours été constante, n’a jamais failli ou faible, ce qui a permis de mener à bien toutes les actions et de réaliser tous les objectifs que c’est assigné le programme national d’immunisation au Maroc (PNI).

Le Maroc a fait un choix que très peu de pays riche ou développés n’ont pas pu réaliser, il s’agot de la gratuité totale de la vaccination dans le secteur public pour l’ensemble des enfants indépendamment de la situation financière de leurs parents.
C’est un acquis qui mérite d’être souligné et il faut rendre ici un grand hommage au ministère de la santé qui dans un souci de démocratisation de l’accès aux soins n’a pas hésité un seul instant a consentir de très grands efforts

Le Calendrier vaccinal national

En ce qui concerne les vaccins qui sont pratiqués au sein des centres de santé ou dispensaires et qui rentrent dans le cadre du Programme national d’immunisation (PNI), ils se présentent comme suit :
Au 10ème jour après sa naissance, l’enfant reçoit les vaccins du BCG, le vaccin anti poliomyélite par voie orale (VPO) et le vaccin de l’hépatite B HB1.
A 6 semaines, l’enfant est vacciné contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche première dose (DTC1), il reçoit aussi le vaccin buvable de la poliomyélite (VPO1) et la 2ème dose de l’hépatite (HB2).
A 10 semaines, l’enfant reçoit le DTC 2 + VPO2 A 14 semaines, il est vacciné contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche (DTC 3) et reçoit la 3ème dose du vaccin de la polio par voie orale (VPO 3).
A 9 mois l’enfant est vacciné contre la rougeole (VAR) et reçoit en même temps la 3ème dose du vaccin de l’hépatite B (HB3).
A 18 mois l’enfant reçoit ses vaccins DTC - VPO (premier rappel).
A 6 ans c’est l’âge de la rentrée scolaire, l’enfant recevra le vaccin anti rougeoleux/anti oreillons/ anti-rubéoleux et les rappels DTCP.

Il faut souligner l’introduction par le ministère de la santé d’autres vaccins contre le rotavirus et le pneumocoque Hib (contre l’hémophilus influenzae) responsable tous les ans de milliers d’infections graves (méningites, épiglottites etc). La mortalité due au rotavirus et au pneumocoque ainsi que des séquelles importantes (débilité mentale, hydrocéphalie, surdité, cécité, paralysies...) ont largement justifié ce choix.

Il faut savoir que chaque année, ce sont 600.000 nouveaux enfants qui sont concernés par la vaccination au Maroc.il ne fait aucun doute que le programme national d’immunisation est de très loin le programme qui a eu le plus d’impact en matière de réduction de la mortalité infanto-juvénile avec une diminution de l’ordre de 95 % pour le tétanos néonatal, de 84 % pour la rougeole et de 86 % pour la coqueluche (période postnatale) durant la période allant de 1988 à 1998.

La réduction de la morbidité liée aux maladies cibles est importante. Ainsi, aucun cas de poliomyélite n’a été enregistré depuis 1987, aucun cas de diphtérie n’a été enregistré depuis 1991 et le nombre annuel de cas de coqueluche est très faible variant entre 30 et 70. Le Maroc est le premier pays de la région de la Méditerranée Orientale de l’OMS à avoir validé en 2002 l’élimination du tétanos néonatal (nouveau protocole OMS/UNICEF) et son dossier pour obtenir la certification de l’éradication de la poliomyélite a été accepté par le bureau régional de l’OMS en 2002.

Faut-il vacciner les adultes contre la coqueluche ?

Cette question nous l’avons posé à un pédiatre, sa réponse est sans équivoque, c’est oui.
Mais alors pourquoi ?

Aujourd’hui, la couverture vaccinale anticoquelucheuse dépasse 95 % à l’âge de 24 mois et les enfants de plus de six mois, sont très bien protégés. En revanche, la coqueluche atteint les très jeunes nourrissons qui ne sont pas encore vaccinés. C’est ce que nous avons relevé en ce qui concerne les cas de coqueluche à Casablanca, tous sont âgés de moins de 6 mois
De fait ce sont les adolescents et surtout les adultes qui contaminent les enfants de moins de 6 mois car ils ne sont plus protégés par le vaccin dont la durée de protection dure moins de dix ans. Les adultes risquent, lorsqu’ils rencontrent les rares cas de coqueluche, de se réinfecter et de transmettre la maladie aux tout-petits.

Pour limiter l’infection des petits nourrissons, il est important de mieux diagnostiquer la coqueluche chez les adultes. Mais cela est souvent difficile car les symptômes sont souvent discrets. Il est aussi recommandé de vacciner les professionnels en contact avec les nourrissons ainsi que les futurs parents. On vaccinera le papa et éventuellement les frères et sœurs dès que bébé s’annonce tandis que la maman sera, quant à elle, vaccinée juste après l’accouchement pour protéger le nouveau-né. Au contraire d’autres maladies, il n’existe en effet pas d’anticorps maternels protecteurs contre la coqueluche. Tout cela est bien, mais il faudrait aussi que le ministère de la santé puisse se pencher sur l’opportunité de donner l’AMM aux laboratoires afin qu’ils puissent fabriquer les nouveaux vaccins qui sont mieux efficaces.

D’ici là portez-vous bien.

Ouardirhi Abdelaziz

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